Jacques Tardi est en quelque sorte une sommité de la B.D. dite sérieuse. On lui doit notamment la série Adèle Blanc-Sec, de nombreux tomes consacrés aux guerres mondiales, des collaborations avec les écrivains Daniel Pennac et Didier Daeninckx ainsi que de nombreux polars. Cent-vingt, rue de la Gare résume, à lui seul, plusieurs des intérêts littéraire de Tardi. Il s'agit d'un polar qui a comme trame de fond l'occupation allemande de la France pendant la deuxième Guerre Mondiale. Cent-vingt, rue de la Gare est adapté d'un roman de Léo Malet mettant en vedette le détective Nestor Burma. Il ne s'agit pas du premier roman de Malet qu'a adapté Tardi mais celui-ci figure premier dans la chronologie du personnage.
Il est utile, avant d'entamer la lecture de cet album, de connaître un peu des particularités de la situation politique France pendant la guerre. La France de cette époque était divisée entre une zone occupée par les Allemands et une zone dite libre dirigé par un régime de collaboration allemande (le régime de Vichy). Une partie de l'intrigue du roman se déroule dans chaque zone et la difficulté de circuler d'une zone à l'autre est un des nombreux obstacles auxquels est confronté Burma alors qu'il tente d'élucider le mystère d'un homme qui, alors qu'il rendait l'âme, a prononcé la mystérieuse adresse du titre dans ses bras. Avec sa longueur de près de 200 pages, son intrigue complexe, son exactitude politico-historique, 120 rue de la Gare s'est imposé dès sa publication en 1996 comme une oeuvre majeure de la bande dessinée contemporaine, un album qu'on ne pourrait plus difficilement confondre avec la bande dessinée enfantine.
André




